Stratégie portugaise !
Le dunkerquois Thomas Ruyant a perdu cette nuit sa seconde place au profit de Bertrand Delesne. « Faber France » évolue toujours dans des conditions de vent portatif au Nord-Est soufflant à plus de 25 nœuds. Il est à 30,04 milles du leader, à 400 milles de Funchal.
Le nordiste a accusé un peu le coup cette nuit mais semble depuis ce matin revenir aux avant-postes. Il faut dire que le rythme est effréné depuis le départ de cette première étape de la transat 6.50 dimanche après-midi. Thomas est régulièrement à plus de 10 nœuds. Son prototype coiffé d’un spinacker ou d’un gennacker file à vitesse grand V, sans cesse au surf dans des vagues qui atteignent souvent plus de deux mètres. Des conditions de navigation qui doivent sérieusement commencer à faire souffrir notre marin solitaire. Pas facile, en effet, de se reposer, s’alimenter, barrer, régler son bateau, analyser le bulletin météorologique quotidien dans des éléments déchainés.
Thomas Ruyant a pris le parti de se diriger légèrement à l’Est de la route directe. Le navigateur commence clairement dans ces alizés continus à gérer un ralentissement du vent et surtout un contournement du début de l’anticyclone des Açores. A cette vitesse, rapidement, « Faber France » sera en approche de Funchal et certainement de conditions météorologiques plus erratiques. Alors même s’il fait plus de route, il a décidé de profiter de plus de pressions le long des côtes portugaises. Une option partagée par Fransisco Lobato, leader en série, Bertrand Delesne et Stéphane Le Diraison. Henri-Paul Shipman est, quant à lui, plus Ouest. Stratégie et tactique ponctueront cette fin de premier acte d’une transat 6.50 qui s’annonce passionnante tant le niveau est homogène parmi les ténors de la classe.
